Célérusses ! La guerre de l’information selon l’OTAN

Dans une longue inter­view dif­fu­sée le 31 juillet 2026 sur son émis­sion, Tucker Carlson reçoit Elizabeth Lane, jour­na­liste indé­pen­dante d’origine géor­gienne. Le sujet : l’origine des vagues de bots, de comptes ano­nymes et de cam­pagnes de dif­fa­ma­tion qui s’abattent sys­té­ma­ti­que­ment sur qui­conque remet en cause l’escalade mili­taire en Ukraine, avec l’Iran, ou cri­tique le sou­tien incon­di­tion­nel à l’OTAN et à Israël. Le fameux Célérusses ! Lane com­mence par écar­ter les expli­ca­tions les plus simples. Ces opé­ra­tions ne viennent pas de Moscou, assure-​​t-​​elle. Elles ne sont pas non plus le fait de l’administration Trump, ni prin­ci­pa­le­ment d’Israël – même si ce der­nier mène ses propres actions d’influence, sou­vent décla­rées sous le Foreign Agents Registration Act. Le véri­table moteur, selon elle, est un réseau occi­den­tal plus large, atlan­tiste, qui agit sous le pré­texte per­ma­nent de « lut­ter contre la dés­in­for­ma­tion russe ». (il est pos­sible d’ac­ti­ver le sous-​titrage en fran­çais avec les options de la roue den­tée en bas à droite de la vidéo) L’origine : Integrity Initiative /​​ Institute for Statecraft (2018) Le fil com­mence en 2018. Le groupe Anonymous pirate alors l’Integrity Initiative, un pro­jet de l’Institute for Statecraft, un obs­cure think-​​tank bri­tan­nique. L’adresse offi­cielle en Écosse mène à un bâti­ment aban­don­né. La vraie se trouve à Londres, au 2 Temple Place, un site his­to­ri­que­ment lié aux Templiers. Les docu­ments révé­lés montrent une opé­ra­tion d’influence mêlant jour­na­listes et offi­ciers de ren­sei­gne­ment bri­tan­niques, dont Chris Donnelly. Financée par le Foreign Office, elle fonc­tionne par « clus­ters » natio­naux (Royaume-​​Uni, Finlande, Ukraine, Géorgie, États-​​Unis…). Leur méthode est constante : pro­duire des chaînes d’articles pour col­ler l’étiquette « agent russe » à des poli­ti­ciens ou jour­na­listes gênants. Jeremy Corbyn au Royaume-​​Uni, Pedro Baños en Espagne, des indé­pen­dants fin­lan­dais : la liste est longue. L’objectif affi­ché – com­battre la pro­pa­gande russe – sert en réa­li­té à écar­ter des voix cri­tiques de l’ordre atlan­tiste. Ben Nimmo et les pas­se­relles OTAN /​​ Atlantic Council Après le scan­dale, l’opération ne dis­pa­raît pas. Elle se restruc­ture. Des figures comme Ben Nimmo illus­trent les pas­se­relles : cor­res­pon­dant de l’OTAN, puis employé de son bureau de presse, ensuite senior fel­low à l’Atlantic Council (Digital Forensic Research Lab), où il contri­bue à recru­ter des « key­board war­riors » contre la dés­in­for­ma­tion russe, avant de rejoindre OpenAI. Les mêmes réseaux, les mêmes tech­niques. L’expérience OTAN de 2019 (le moment clé pour les bots) Un tour­nant inter­vient en 2019. Le StratCom de l’OTAN, son centre de com­mu­ni­ca­tion stra­té­gique, lance une « expé­rience de réseaux sociaux ». Il confie à une socié­té ukrai­nienne de Kharkiv, SingularX, l’achat de cen­taines de mil­liers de bots, de faux com­men­taires et de faux enga­ge­ment. Le test réus­sit : les pla­te­formes peuvent être mani­pu­lées sans détec­tion immé­diate. Beaucoup de comptes d’attaque encore actifs aujourd’hui datent de cette période. L’OTAN, selon Lane, a pour­sui­vi ce type de col­la­bo­ra­tions avec des entre­prises ukrai­niennes, cer­taines béné­fi­ciant de finan­ce­ments amé­ri­cains. Financement et struc­ture actuelle Le sys­tème actuel com­bine deux couches. D’un côté, des pro­pa­gan­distes visibles – Laura Loomer, Ryan Mauro et d’autres – qui défendent ouver­te­ment l’OTAN, l’Ukraine et Israël. De l’autre, des bots sans visage, mélange d’intelligence arti­fi­cielle et d’opérateurs humains, plus dan­ge­reux parce qu’anonymes. Ils récu­pèrent des infor­ma­tions per­son­nelles, fabriquent des his­toires et les font remon­ter jusqu’aux grands médias. Qui est ciblé aujourd’hui ? Quiconque appelle à la déses­ca­lade, cri­tique le sou­tien incon­di­tion­nel à Kiev ou s’oppose à une confron­ta­tion avec l’Iran devient une cible. Parmi les figures par­ti­cu­liè­re­ment visées : JD Vance, Candace Owens, Charlie Kirk, Marjorie Taylor Greene, Thomas Massie, Carlson lui-​​même, et Lane. Le finan­ce­ment passe par le Foreign Office bri­tan­nique, l’OTAN, l’Atlantic Council et des struc­tures asso­cia­tives dif­fi­ci­le­ment tra­çables. L’agenda, estime Lane, dépasse la simple guerre de l’information : il s’agit de main­te­nir une dyna­mique d’escalade per­ma­nente, d’empêcher toute paix négo­ciée et d’éliminer les voix iso­la­tion­nistes ou anti-​​guerre. Le patrio­tisme et l’anti-russisme sont uti­li­sés comme leviers pour mobi­li­ser l’opinion amé­ri­caine. Ce que décrit Elizabeth Lane n’est pas une simple « ferme de trolls russes ». C’est, selon elle, un appa­reil d’influence occi­den­tal – bri­tan­nique, ota­nien, ukrai­nien, relais de think-​​tanks amé­ri­cains – qui a indus­tria­li­sé la pro­duc­tion de bots et de cam­pagnes de dif­fa­ma­tion sous le cou­vert de la défense de la démo­cra­tie. Les struc­tures existent, les docu­ments de 2018 en ont révé­lé une par­tie, et le sys­tème, affirme-​​t-​​elle, conti­nue de fonc­tion­ner. La guerre de 5e géné­ra­tion selon Flynn Après la chute du mur de Berlin, l’OTAN (et plus lar­ge­ment les puis­sances occi­den­tales) s’est trou­vée confron­tée à un envi­ron­ne­ment où la guerre clas­sique inter­éta­tique de grande ampleur n’était plus le scé­na­rio domi­nant. Les conflits se sont dépla­cés vers des formes hybrides : cyber, influence, dés­in­for­ma­tion, opé­ra­tions psy­cho­lo­giques, mani­pu­la­tion des per­cep­tions. C’est pré­ci­sé­ment ce que beau­coup d’analystes mili­taires appellent la guerre de 5e géné­ra­tion (5GW). Le géné­ral Michael Flynn (avec Boone Cutler) en a fait l’une de ses thé­ma­tiques cen­trales. Dans The Citizen’s Guide to Fifth Generation Warfare, il décrit un type de conflit où : Flynn insiste sur le fait que dans ce type de guerre, on peut être en train de subir une offen­sive sans même réa­li­ser qu’on est en guerre. La guerre hybride selon l’OTAN De son côté, l’OTAN a déve­lop­pé ses propres concepts paral­lèles. Elle parle depuis long­temps de guerre hybride, d’opé­ra­tions d’information (InfoOps), de com­mu­ni­ca­tion stra­té­gique (StratCom), et plus récem­ment de cog­ni­tive war­fare — la « guerre cog­ni­tive ». L’Alliance a des centres dédiés (comme le StratCom à Riga), des doc­trines, des exer­cices et des recherches offi­ciels sur la façon d’agir dans l’environnement infor­ma­tion­nel pour influen­cer les déci­sions et les opi­nions, en temps de paix comme en temps de crise. Ce que décrit Elizabeth Lane dans l’interview avec Tucker Carlson (bots, fermes de trolls, cam­pagnes de smears sous pré­texte de « lut­ter contre la dés­in­for­ma­tion russe », réseaux liés à des struc­tures bri­tan­niques et ota­niennes) s’inscrit exac­te­ment dans cette logique. Si ses affir­ma­tions sont exactes, on aurait alors un exemple d’usage de tech­niques de 5e géné­ra­tion /​​ guerre cog­ni­tive par des acteurs occi­den­taux eux-​​mêmes, contre des voix dis­si­dentes à l’intérieur de l’espace euro-​atlantique. Une recette vieille comme l’Empire bri­tan­nique L’Empire bri­tan­nique a sys­té­ma­ti­que­ment pra­ti­qué le divide et impe­ra (divi­ser pour mieux régner) pen­dant plu­sieurs siècles. En Inde, en Afrique, au Moyen-​​Orient, dans les Caraïbes : favo­ri­ser les riva­li­tés eth­niques, reli­gieuses, tri­bales ou poli­tiques pour empê­cher l’unité des popu­la­tions colo­ni­sées et faci­li­ter le contrôle avec rela­ti­ve­ment peu de forces. Ce n’était pas seulement

Comment De Gaulle a fait trembler le système financier mondial

  Charles de Gaulle, en 1965, a por­té un coup majeur au sys­tème moné­taire domi­né par les États-​​Unis en exi­geant le rapa­trie­ment phy­sique de l’or fran­çais déte­nu à Fort Knox, une action légale mais poli­ti­que­ment explo­sive qui a failli faire vaciller l’hégémonie du dol­lar sans un seul acte de vio­lence. Tout com­mence avec les accords de Bretton Woods en 1944. À la fin de la Seconde Guerre mon­diale, les États-​​Unis imposent le dol­lar comme mon­naie de réfé­rence mon­diale, conver­tible en or à un taux fixe de 35 dol­lars l’once. Grâce à leurs énormes réserves (près de 70 % de l’or mon­dial), ils ver­rouillent le sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal à leur avan­tage. Les autres pays acceptent car l’Europe est rui­née et le dol­lar semble aus­si sûr que l’or. Dans les années 1960, cepen­dant, les États-​​Unis abusent de ce sys­tème : ils impriment mas­si­ve­ment des dol­lars pour finan­cer leurs dépenses mili­taires (bases à l’étranger, guerre du Vietnam) bien au-​​delà de ce que leurs réserves d’or per­mettent de cou­vrir. Cela consti­tue une vio­la­tion des accords de Bretton Woods, mais per­sonne n’ose pro­tes­ter, car remettre en cause le dol­lar équi­vaut à défier la super­puis­sance amé­ri­caine en pleine Guerre froide. De Gaulle refuse ce sta­tu quo. En février 1965, il annonce publi­que­ment que la France conver­ti­ra ses réserves de dol­lars en or et rapa­trie­ra cet or phy­sique. Entre 1965 et 1968, plus de 3 000 tonnes d’or quittent les États-​​Unis vers la France et d’autres pays (Allemagne, Suisse…). De Gaulle va plus loin en dénon­çant ouver­te­ment le « pri­vi­lège exor­bi­tant » du dol­lar : les États-​​Unis peuvent impri­mer du papier pour ache­ter des biens réels dans le monde, tan­dis que les autres nations doivent pro­duire et expor­ter pour obte­nir ces dol­lars. Il qua­li­fie cela de sys­tème colo­nial dégui­sé et plaide pour un retour à un véri­table étalon-​​or inter­na­tio­nal neutre. Cette offen­sive légale met Washington en panique : les réserves amé­ri­caines fondent rapi­de­ment et le risque d’un effon­dre­ment géné­ral sur­git si d’autres pays suivent l’exemple. Après la démis­sion de De Gaulle en 1969, l’élan ralen­tit, mais le dom­mage est fait. En août 1971, Richard Nixon sus­pend défi­ni­ti­ve­ment la conver­ti­bi­li­té du dol­lar en or, enter­rant Bretton Woods. Le dol­lar devient une mon­naie pure­ment fidu­ciaire, puis s’adosse au pétrole via les accords pétro­dol­lars de 1973 (pétrole ven­du exclu­si­ve­ment en dol­lars en échange de pro­tec­tion mili­taire amé­ri­caine). Ce « pri­vi­lège exor­bi­tant » s’est ampli­fié : aujourd’hui, le dol­lar repose non plus sur l’or ni même uni­que­ment sur le pétrole (dont l’importance dimi­nue avec la tran­si­tion éner­gé­tique), mais sur une dette publique amé­ri­caine colos­sale (plus de 33 000 mil­liards de dol­lars) que le monde conti­nue de finan­cer par néces­si­té sys­té­mique. Les bons du Trésor US servent de garan­tie mon­diale ; un défaut amé­ri­cain entraî­ne­rait l’effondrement glo­bal. Le sys­tème moné­taire inter­na­tio­nal repose sur une simple croyance col­lec­tive, fra­gile et réver­sible. Des pays comme la Russie, la Chine, le Brésil ou l’Inde tentent aujourd’hui de s’en éman­ci­per (accu­mu­la­tion d’or, com­merce en mon­naies natio­nales, pro­jets de mon­naie BRICS), repro­dui­sant à petite échelle la révolte gaul­lienne. La ques­tion reste posée : un sys­tème où un seul pays peut impri­mer la mon­naie mon­diale sans contrainte réelle est-​​il juste, ou n’est-il qu’une forme moderne de domi­na­tion impé­riale ? De Gaulle a démon­tré que l’on peut faire trem­bler cet édi­fice en appli­quant sim­ple­ment les règles.

Pourquoi la City de Londres est actuellement en pleine panique

1. La panique de l’Empire bri­tan­nique L’Empire bri­tan­nique, repré­sen­té par les chefs de l’OTAN, les géné­raux et même le patron du MI6, appelle ouver­te­ment à une esca­lade mili­taire contre la Russie. Selon Susan Kokinda, cette agi­ta­tion n’est pas moti­vée par la peur des mis­siles russes ou par des ques­tions de ter­ri­toire et de démo­cra­tie, mais par la ter­reur face à un simple docu­ment admi­nis­tra­tif publié à Washington : le rap­port annuel 2025 du Financial Stability Oversight Council (FSOC). Ce rap­port annonce la fin du modèle finan­cier qui per­met à la City de Londres de piller l’économie amé­ri­caine depuis des décen­nies. 2. Les deux docu­ments qui changent tout Deux textes publiés à une semaine d’intervalle marquent un tour­nant majeur : Ces docu­ments réaf­firment que les prin­cipes amé­ri­cains, et non les prin­cipes impé­riaux bri­tan­niques, gou­ver­ne­ront doré­na­vant les États-​Unis. 3. La frac­ture trans­at­lan­tique à visage décou­vert Trump exerce une pres­sion bru­tale sur Zelensky pour qu’il accepte des négo­cia­tions ter­ri­to­riales et orga­nise des élec­tions, tout en sou­li­gnant la cor­rup­tion du régime ukrai­nien. Cette posi­tion met fin au dogme de l’Alliance trans­at­lan­tique. Les Européens, et sur­tout les Britanniques, encou­ragent au contraire la pour­suite de la guerre. Des décla­ra­tions publiques de géné­raux et du chef du MI6 appellent la popu­la­tion bri­tan­nique à se pré­pa­rer au conflit, y com­pris au sacri­fice de ses fils et filles. La Russie pointe direc­te­ment du doigt le Royaume-​​Uni comme le prin­ci­pal obs­tacle aux efforts de paix de Trump. 4. La véri­table rai­son du déses­poir bri­tan­nique La volon­té bri­tan­nique de ris­quer une guerre avec une puis­sance nucléaire n’est pas idéo­lo­gique. Elle est éco­no­mique. L’Empire perd le contrôle de son sys­tème finan­cier para­si­taire, cen­tré sur la City de Londres. Le rap­port FSOC 2025, en prio­ri­sant l’économie réelle et les ménages amé­ri­cains, porte un coup fatal à ce modèle. Il s’agit d’une révo­lu­tion com­pa­rable à la nou­velle doc­trine de sécu­ri­té natio­nale. 5. Les ori­gines bri­tan­niques du FSOC et le retour­ne­ment Le FSOC a été créé après la crise de 2008 dans le cadre de la loi Dodd-​​Frank, dont les archi­tectes clés incluaient des figures liées à la City (Lord Peter Mandelson) et à Wall Street (Larry Summers), tous deux récem­ment écla­bous­sés par les révé­la­tions Epstein. L’institution conçue pour pro­té­ger leur pou­voir est aujourd’hui réorien­tée pour déve­lop­per l’économie pro­duc­tive et pro­té­ger les citoyens amé­ri­cains. 6. La guerre contre les car­tels : pre­mière phase de la nou­velle stra­té­gie L’administration Trump attaque fron­ta­le­ment les car­tels qui sou­tiennent le sys­tème finan­cier impé­rial : Ces offen­sives ne visent pas seule­ment les prix et la san­té publique : elles frappent les méca­nismes d’extraction et de contrôle de l’Empire bri­tan­nique. 7. Conclusion : la guerre éco­no­mique der­rière la guerre mili­taire Les appels bri­tan­niques à la guerre masquent la défense d’un sys­tème de contrôle finan­cier sécu­laire en train de s’effondrer. Trump ne se contente pas d’éviter une guerre en Ukraine : il déman­tèle le méca­nisme qui génère ces guerres en res­tau­rant le sys­tème amé­ri­cain des pro­duc­teurs et des bâtis­seurs. L’Empire bri­tan­nique – qu’on l’appelle City de Londres, Davos ou « ordre fon­dé sur des règles » – ne peut sur­vivre à ce renou­veau. Le peuple amé­ri­cain com­mence à en récol­ter les fruits : hausse sala­riale his­to­rique pour les ouvriers, renais­sance des villes indus­trielles, fin des men­songes sur la néces­si­té des guerres et des délocalisations.

Les Banques Centrales, le plus grand pouvoir non élu du Monde Moderne

  Le pou­voir caché des banques cen­trales La vidéo de la chaîne Mécaniques Financières explore l’his­toire des banques cen­trales comme une prise de pou­voir silen­cieuse et pro­gres­sive. Ces ins­ti­tu­tions non élues contrôlent la créa­tion moné­taire, influen­çant pro­fon­dé­ment la vie quo­ti­dienne : achat d’une mai­son, valeur de l’é­pargne, salaires, fac­tures et sta­bi­li­té éco­no­mique. Présentées comme tech­niques et apo­li­tiques, elles opèrent dans une zone grise entre public et pri­vé, exploi­tant les crises pour accu­mu­ler des pré­ro­ga­tives immenses. Les ori­gines – Un pacte pour finan­cer les guerres (1694−1913) Tout com­mence en 1694 avec la Banque d’Angleterre, créée par des ban­quiers pri­vés pour prê­ter au gou­ver­ne­ment bri­tan­nique en guerre contre la France. En échange d’un mono­pole sur l’é­mis­sion de billets, la banque obtient le droit de créer de l’argent via les réserves frac­tion­naires (émettre plus de billets que d’or déte­nu). Ce modèle hybride (pri­vé en pro­prié­té, public en fonc­tions) se répand en Europe : Banque de France (1800, sous Napoléon), Banque d’Espagne, etc. Aux États-​​Unis, la méfiance est forte. Deux ten­ta­tives échouent (First et Second Bank of the United States, dis­soutes notam­ment par Andrew Jackson). Sans banque cen­trale pen­dant 70 ans, le pays connaît des paniques ban­caires mais aus­si une crois­sance explo­sive et peu d’in­fla­tion. La panique de 1907 change la donne : J.P. Morgan sauve le sys­tème, sou­li­gnant la néces­si­té d’un prê­teur en der­nier res­sort. En 1910, une réunion secrète à Jekyll Island réunit ban­quiers influents (Morgan, Rockefeller, Rothschild) pour conce­voir la Federal Reserve (Fed), camou­flée en sys­tème décen­tra­li­sé et public, mais contrô­lée par des banques pri­vées. Adoptée en 1913, elle pro­met sta­bi­li­té. L’accumulation de pou­voir via les crises (1913−1971) L’échec ne dimi­nue pas leur pou­voir, il l’am­pli­fie. La Grande Dépression (1929) voit la Fed aggra­ver la crise en lais­sant la masse moné­taire s’ef­fon­drer, mais elle gagne ensuite plus de pré­ro­ga­tives. Après la Seconde Guerre mon­diale, les accords de Bretton Woods (1944) font des banques cen­trales les archi­tectes du sys­tème moné­taire inter­na­tio­nal, avec le dol­lar lié à l’or. En 1971, Nixon ferme la « fenêtre or » : l’argent devient pure­ment fidu­cière (fiat), sans contrainte phy­sique. Les banques cen­trales contrôlent désor­mais une créa­tion moné­taire illi­mi­tée, repo­sant seule­ment sur la confiance. Les années 1970 voient une infla­tion mas­sive, bri­sée par Paul Volcker (Fed) via des taux à 20 %, cau­sant réces­sion mais res­tau­rant la confiance – au prix d’une dou­leur éco­no­mique impo­sée par un non-​élu. L’ère de l’in­dé­pen­dance et de l’im­pres­sion mas­sive (années 1980 – 2020) Les banques cen­trales gagnent en indé­pen­dance, iso­lées de la poli­tique pour évi­ter l’in­fla­tion élec­to­rale. La BCE (1998) incarne cela : man­dat unique sur l’in­fla­tion (<2 %), sans égard pour l’emploi ou la crois­sance. La crise de 2008 marque un tour­nant : quan­ti­ta­tive easing (QE) crée plus de 20 tril­lions de dollars/​​équivalents pour sau­ver les banques. Conséquences : explo­sion des actifs finan­ciers (actions, immo­bi­lier), enri­chis­sant les riches (effet Cantillon), inéga­li­tés records, salaires stag­nants. La pan­dé­mie de 2020 répète l’o­pé­ra­tion en plus grand (10 tril­lions en 2 ans), dis­tri­bués direc­te­ment (aides), pro­vo­quant l’in­fla­tion de 2021 – 2023 (jugée d’a­bord « tran­si­toire »). Hausses bru­tales de taux suivent, cau­sant faillites ban­caires (ex. Silicon Valley Bank). Qu’est-​ce que l’effet Cantillon ? Imaginez que l’on injecte sou­dai­ne­ment une grande quan­ti­té d’argent neuf dans l’économie. On pour­rait croire que tout le monde en pro­fite pareille­ment, non ? Eh bien, pas du tout. C’est là qu’intervient l’effet Cantillon, du nom de l’économiste Richard Cantillon qui l’a décrit au XVIIIᵉ siècle. L’argent nou­veau n’arrive pas par­tout en même temps. Il coule d’abord vers cer­tains pri­vi­lé­giés : les banques, les grandes entre­prises, les mar­chés finan­ciers, ceux qui sont tout près du « robi­net » moné­taire (aujourd’hui, les banques cen­trales). Ces pre­miers béné­fi­ciaires peuvent dépen­ser ou inves­tir cet argent avant que les prix ne grimpent. Ils achètent actions, immo­bi­lier ou biens de luxe à des prix encore bas : ils s’enrichissent vrai­ment. Puis, petit à petit, l’argent se dif­fuse… et fait mon­ter les prix. Quand il arrive enfin jusqu’aux sala­riés, aux retrai­tés ou aux classes moyennes, tout coûte plus cher, mais leurs reve­nus, eux, n’ont pas sui­vi. Résultat : leur pou­voir d’achat fond comme neige au soleil. En résu­mé, l’inflation créée par cet argent neuf trans­fère dis­crè­te­ment de la richesse des der­niers tou­chés vers les pre­miers ser­vis. C’est une sorte de taxe invi­sible, qui frappe sur­tout les plus modestes et pro­fite aux plus proches du sys­tème finan­cier. Dans notre monde actuel, avec les poli­tiques d’impression mas­sive (comme le quan­ti­ta­tive easing), c’est exac­te­ment ce qu’on observe : les cours bour­siers et l’immobilier explosent d’abord (les riches s’enrichissent), puis l’essence, le pain et le loyer aug­mentent (tout le monde paie la note). Un méca­nisme puis­sant, dis­cret… et pro­fon­dé­ment inéga­li­taire. Le piège de la dépen­dance et la finan­cia­ri­sa­tion L’économie est accro à l’argent facile : créa­tion moné­taire → bulles → infla­tion → hausses de taux → crises → nou­velle créa­tion. Les prix ne reflètent plus la réa­li­té, mais les anti­ci­pa­tions sur les déci­sions des banques cen­trales. La finan­cia­ri­sa­tion récom­pense la spé­cu­la­tion, non la pro­duc­tion. Les États sur­en­det­tés (USA : 36 tril­lions, Japon : 260 % du PIB) dépendent de taux bas ; les banques cen­trales main­tiennent l’illu­sion d’in­dé­pen­dance mal­gré une « domi­nance fis­cale ». Un pou­voir anti­dé­mo­cra­tique et poli­tique Malgré leur pré­ten­due neu­tra­li­té, leurs déci­sions sont pro­fon­dé­ment poli­tiques : redis­tri­bu­tion de richesse (favo­ri­sant déten­teurs d’ac­tifs), finan­ce­ment indi­rect des États, puni­tion des épar­gnants. Décisions secrètes, par non-​​élus nom­més pour de longs man­dats, sans vrai contrôle démo­cra­tique. Les erreurs répé­tées (non-​​prévision de 2008, infla­tion « tran­si­toire ») n’en­tament pas leur pou­voir. Vers l’a­ve­nir – Les mon­naies numé­riques (CBDC) Les banques cen­trales pré­parent les CBDC : argent numé­rique tra­çable, avec poten­tiel de contrôle total (taux néga­tifs, expi­ra­tion d’argent, blo­cages d’a­chats, lien à cré­dit social). Testées en Chine, explo­rées en Europe et aux USA, elles sont ven­dues comme pro­grès mais risquent une dys­to­pie. Une cri­tique du sys­tème Les banques cen­trales, nées pour finan­cer dettes et guerres, servent prin­ci­pa­le­ment le sys­tème finan­cier et les États endet­tés, au détri­ment des citoyens. Elles créent cycles vio­lents, inéga­li­tés et dépen­dance. La vidéo appelle à la com­pré­hen­sion, à la diver­si­fi­ca­tion (actifs réels, cryp­tos) et à plus de trans­pa­rence démo­cra­tique, aver­tis­sant que la perte de confiance pour­rait mener à réforme ou auto­ri­ta­risme accru. Leur pou­voir, le plus grand non élu, dépasse tout empire historique.

L’effroyable 13 Novembre 2015 selon Thierry Meyssan

Une Décennie d’Obscurité et la Nécessité de la Vérité Dix ans après les atten­tats du 13 novembre 2015 qui ont frap­pé Paris, dont le Bataclan, la France com­mé­more encore ces évé­ne­ments avec une plaie vive et une inter­ro­ga­tion per­sis­tante : à qui ont pro­fi­té ces crimes ? Qui en porte la res­pon­sa­bi­li­té pro­fonde ? Thierry Meyssan, jour­na­liste et ana­lyste géo­po­li­tique, apporte une réponse claire et docu­men­tée, for­gée à par­tir d’ar­ticles publiés en 2015 depuis la Syrie, où il rési­dait alors, et consi­gnés dans son ouvrage Sous nos yeux. Sa thèse n’exo­nère ni les exé­cu­tants jiha­distes ni l’État qui les a ins­tru­men­ta­li­sés, mais pointe du doigt une tra­hi­son fran­çaise à un enga­ge­ment inter­na­tio­nal secret, qui a déclen­ché une riposte mili­taire dégui­sée en ter­ro­risme. Cette affaire illustre la com­plexi­té des rela­tions inter­na­tio­nales : hono­rer sa parole n’est pas une option, mais une obli­ga­tion morale et stra­té­gique. François Hollande, suc­ces­seur de Nicolas Sarkozy, en porte l’en­tière res­pon­sa­bi­li­té poli­tique, au même titre que la Turquie, État orches­tra­teur de la ven­geance. Le Contexte Géopolitique – L’Alliance Secrète France-​​Turquie contre la Libye et la Syrie Tout com­mence en 2011, lors de la guerre contre la Libye menée par l’OTAN. Nicolas Sarkozy, pré­sident de la République, man­date son ministre des Affaires étran­gères, Alain Juppé, pour ral­lier la Turquie à l’o­pé­ra­tion. En échange de son sou­tien – la Turquie mobi­lise alors la tri­bu des Misrata, issue d’an­ciens offi­ciers otto­mans, pour atta­quer Tripoli –, la France s’en­gage par écrit à résoudre la « ques­tion kurde » sans empié­ter sur le ter­ri­toire turc. Cet accord, négo­cié avec Ahmet Davutoğlu (alors ministre turc des Affaires étran­gères), est absurde : un État kurde ne peut exis­ter qu’en Turquie, patrie his­to­rique des Kurdes. Pour contour­ner cela, Paris pro­pose de créer ce ter­ri­toire en Syrie, lors d’une « deuxième manche » après la chute de Kadhafi. Cet enga­ge­ment secret, jamais publié en France ni sou­mis au Parlement – vio­lant ain­si les prin­cipes posés après la Seconde Guerre mon­diale inter­di­sant les trai­tés occultes –, est révé­lé par la presse algé­rienne, pays aux abois diplo­ma­tiques aigui­sés. La Turquie, qui entre­te­nait des liens com­mer­ciaux flo­ris­sants avec la Libye et la Syrie, paie cher son revi­re­ment : pertes éco­no­miques mas­sives et iso­le­ment. Erdogan, convain­cu par la pro­messe, va jus­qu’à éri­ger une ville fan­tôme en Turquie pour accueillir les popu­la­tions sun­nites syriennes expul­sées vers un futur État kurde syrien. Alain Juppé, au lieu d’être jugé pour cette folie, est même pro­mu pré­sident du Conseil consti­tu­tion­nel. Cette alliance scelle le des­tin : la Turquie entre en guerre contre ses voi­sins pour un mirage fran­çais. La Trahison de François Hollande – Un Engagement Absurde Rendu Encore Plus Dangereux François Hollande, élu en 2012, hérite de cet accord Juppé-​​Davutoğlu et s’y engage ini­tia­le­ment. Lors d’une ren­contre à l’Élysée avec Recep Tayyip Erdoğan (alors Premier ministre turc), il fait dis­crè­te­ment entrer un lea­der kurde syrien (pro­ba­ble­ment Saleh Muslim, co-​​président du PYD), qui s’en­gage à res­pec­ter le deal : un Kurdistan en Syrie, non en Turquie. Erdoğan pro­met son aide, et les Kurdes syriens ferment même des écoles chré­tiennes et imposent de nou­veaux manuels pour plaire à Ankara. Mais la donne change avec la bataille de Kobané en 2014 – 2015. Les Kurdes syriens (YPG/​​PYD), sou­te­nus par les États-​​Unis, repoussent l’État isla­mique avec l’ap­pui aérien amé­ri­cain. Washington voit en eux des mer­ce­naires fiables pour la région, mais refuse un État kurde indé­pen­dant pour ne pas frois­ser la Turquie, membre de l’OTAN. Piégée entre son pacte absurde avec Ankara et sa sou­mis­sion aux États-​​Unis, la France opte pour la rup­ture. Hollande reçoit en grande pompe une délé­ga­tion kurde syrienne, menée par une co-​​présidente (pro­ba­ble­ment Asya Abdullah), arri­vée en tenue kaki à l’Élysée – une pro­vo­ca­tion pro­to­co­laire fla­grante. C’est une décla­ra­tion de guerre à la Turquie, qui se sent flouée après avoir sacri­fié ses inté­rêts pour un État kurde fan­tas­mé. Hollande aurait pu, et dû, dénon­cer publi­que­ment l’ac­cord secret, arguant de son irré­gu­la­ri­té (non sou­mis au Parlement). Au lieu de cela, il tra­hit en silence, comme il le fera plus tard avec les accords de Minsk sur l’Ukraine, signés pour gagner du temps et trom­per Poutine – un aveu qui scan­da­lise même la Douma russe, appe­lant à un tri­bu­nal pour « crime contre la paix ». La Riposte Turque – D’Avertissements à une Opération Militaire La Turquie réagit par étapes. D’abord, elle frappe mol­le­ment les Kurdes pour tes­ter la France, espé­rant un revi­re­ment. Sans réponse, Erdoğan – dont la car­rière jiha­diste remonte à l’Afghanistan et à la Tchétchénie – active ses réseaux dji­ha­distes. Il orchestre un atten­tat contre les Kurdes en Turquie même, un car­nage san­glant, et lance un ulti­ma­tum impli­cite à Paris. Devant le silence fran­çais, Ankara passe à l’of­fen­sive : les atten­tats du 13 novembre ne sont pas un acte jiha­diste iso­lé, mais une opé­ra­tion mili­taire sophis­ti­quée, impli­quant des dizaines de par­ti­ci­pants (seuls une ving­taine jugés au pro­cès de 2022). Les assaillants, issus des mêmes cel­lules que ceux de Bruxelles (mars 2016), crient des reven­di­ca­tions : « Ce qui se passe ici, c’est parce que vous avez élu François Hollande ! » (cou­pé par France 2 lors d’une dif­fu­sion récente). C’est une ven­geance d’État, pas une folie indi­vi­duelle. Après Paris, Erdoğan menace l’Union euro­péenne lors d’un dis­cours com­mé­mo­rant la bataille des Dardanelles : « Si vous sui­vez la France sur les Kurdes, les atten­tats vous tou­che­ront. » Quatre jours plus tard, Bruxelles explose ; la presse turque proche d’Ankara jubile. Les Attentats de Paris et Bruxelles – Un Carnage Occulté et un Lien Méprisé Paris et Bruxelles forment une vague unique : mêmes jiha­distes, même com­man­di­taire. Pourtant, la com­mé­mo­ra­tion fran­çaise de 2025 ignore les vic­times belges, moquant leur mémoire et mas­quant la conti­nui­té. Au Bataclan, le mas­sacre est mili­taire : déca­pi­ta­tions (au moins deux têtes, confir­mées tar­di­ve­ment par un magis­trat et un rap­port par­le­men­taire cen­su­ré), exé­cu­tions métho­diques. Les médias fran­çais, par « bien­séance » ou cen­sure, taisent ces hor­reurs pen­dant des années. La police iden­ti­fie et arrête cer­tains assaillants à Saint-​​Denis, déjouant un atten­tat à La Défense, mais le réseau se reforme, menant à Bruxelles. Ces actes ne « n’ont aucun sens », comme l’af­firme Emmanuel Macron : ils en ont un cruel, né de l’in­ca­pa­ci­té des diri­geants à assu­mer leurs risques. Être chef d’État, ce n’est pas un jeu ; c’est pro­té­ger son peuple, non l’ex­po­ser par légè­re­té. Le Déni Officiel, la Censure et les Blessures Inavouées La France

Libertés sous conditions numériques

  Matthieu Biasotto ana­lyse d’un glis­se­ment insi­dieux de notre socié­té : d’un monde régi par des droits inalié­nables vers un uni­vers de per­mis­sions accor­dées sous condi­tions strictes. Ce bas­cu­le­ment, qu’il avait esquis­sé pré­cé­dem­ment à tra­vers les lois, normes et décrets, s’o­père désor­mais via des méca­nismes plus tan­gibles et concrets – un “contrôle opé­ra­tion­nel”. Ces outils, sou­vent pré­sen­tés sous des pré­textes ver­tueux comme la pro­tec­tion de la pla­nète, la sim­pli­fi­ca­tion de la vie quo­ti­dienne, l’a­mé­lio­ra­tion de la san­té ou la garan­tie de la sécu­ri­té, suivent inva­ria­ble­ment une méca­nique bien rodée. D’abord, on nous vend un pro­grès irré­sis­tible ; ensuite, on le rend obli­ga­toire pour le géné­ra­li­ser à l’en­semble de la popu­la­tion ; enfin, on en tire pro­fit en col­lec­tant et en inter­con­nec­tant nos don­nées per­son­nelles de manière si sub­tile que, lorsque nous en pre­nons conscience, il est déjà trop tard – nous sommes épui­sés, rési­gnés, pié­gés dans le filet. 1. Les comp­teurs intel­li­gents : bana­li­sa­tion du tra­cking des res­sources vitales Pour illus­trer ce pro­ces­sus, Biasotto com­mence par les comp­teurs intel­li­gents, ces “gad­gets” qui s’in­vitent chez nous pour sur­veiller nos res­sources vitales. Prenons le fameux Linky, ce comp­teur élec­trique qui méri­te­rait, à lui seul, un trai­te­ment appro­fon­di – Biasotto y consacre d’ailleurs une large part de son livre, et pro­met peut-​​être une vidéo dédiée. Officiellement, il sim­pli­fie les rele­vés de consom­ma­tion et per­met une fac­tu­ra­tion plus juste, invi­tant ain­si à des éco­no­mies d’éner­gie. Mais son impo­si­tion s’est faite par un pas­sage en force légis­la­tif, le ren­dant obli­ga­toire pour tous. Derrière cette façade bien­veillante se cache un contac­teur inté­gré, capable de modu­ler ou de cou­per votre ali­men­ta­tion à dis­tance, en un simple clic depuis un bureau ano­nyme. On l’a vu en action lors de la crise éner­gé­tique de 2022, lorsque la France, ali­gnée sur les sanc­tions euro­péennes contre la Russie, a subi un retour de bâton : Enedis a ain­si bri­dés les chauf­fages de quatre mil­lions de foyers. Ce qui était pré­sen­té comme excep­tion­nel pour­rait bien deve­nir banal, la tech­no­lo­gie étant déjà prête pour une modu­la­tion cou­rante de nos besoins essen­tiels. Au-​​delà de cette menace de “désa­bon­ne­ment” ins­tan­ta­né, le Linky excelle dans la col­lecte fine de don­nées. Grâce au cou­rant por­teur en ligne (CPL), il enre­gistre votre consom­ma­tion toutes les trente minutes – et bien­tôt toutes les dix avec la ver­sion G3. Ces rele­vés, ana­ly­sés via les courbes de charge, révèlent bien plus que des chiffres : ils iden­ti­fient l’u­sage d’un four, d’une télé­vi­sion ou d’une simple lampe, dédui­sant ain­si vos habi­tudes quo­ti­diennes. On peut y lire si vous êtes pré­sent ou absent de votre domi­cile, vos heures de lever et de cou­cher, voire dans quelle pièce vous vous trou­vez à un moment don­né. Biasotto balaie d’un revers de main l’ob­jec­tion clas­sique – “J’ai rien à cacher” – pour sou­li­gner que cette trans­pa­rence for­cée bana­lise une sur­veillance intru­sive de l’in­ti­mi­té domes­tique. Il évoque aus­si, sans s’y attar­der ici pour ne pas dévier, les contro­verses sur la neu­tra­li­té des études affir­mant l’in­no­cui­té du CPL pour la san­té, invi­tant les curieux à creu­ser plus loin. Cette logique se repro­duit chez les “frères” du Linky : Gaspar, pour le gaz, impo­sé par une déci­sion poli­tique en 2014 sous cou­vert de moder­ni­sa­tion, sou­lève les mêmes risques de tra­cking et de cou­pure à dis­tance. Son cou­sin, On’Connect chez Suez pour l’eau, est même pré­sen­té comme un pur cadeau – adieu les tech­ni­ciens pour les rele­vés, bon­jour les alertes SMS en cas de fuite et un sui­vi quo­ti­dien de votre consom­ma­tion. Mais une puce dis­crète trace tout minute par minute. Quant aux comp­teurs de cha­leur dans les copro­prié­tés, ils pro­mettent une “jus­tice ther­mique” en répar­tis­sant équi­ta­ble­ment les frais ; en réa­li­té, ils équipent chaque loge­ment d’un boî­tier qui scrute la cha­leur pièce par pièce, à dis­tance et en conti­nu. L’ensemble de ces dis­po­si­tifs trans­forme l’ac­cès à l’élec­tri­ci­té, au gaz, à l’eau ou au chauf­fage – ces ser­vices vitaux jadis neutres – en un pri­vi­lège condi­tion­nel, tra­cé et poten­tiel­le­ment révo­cable. 2. Contrôle des véhi­cules et mobi­li­tés : sur­veillance rou­tière et sonore Biasotto élar­git ensuite le champ à la mobi­li­té, où le contrôle s’exerce sur nos dépla­ce­ments et même sur le bruit que nous pro­dui­sons. Les Event Data Recorders (EDR), ou boîtes noires auto­mo­biles, en sont un exemple frap­pant. Officiellement, ce sont des camé­ras de bord silen­cieuses des­ti­nées à ana­ly­ser les acci­dents : elles cap­turent dix secondes avant et après un choc, enre­gis­trant vitesse, frei­nage, force d’im­pact ou usage des cein­tures. Mais dans les faits, elles sur­veillent en conti­nu vos com­por­te­ments rou­tiers. Leur déploie­ment ? Un autre pas­sage en force, via une direc­tive euro­péenne ren­dant obli­ga­toire l’é­qui­pe­ment de tous les véhi­cules neufs homo­lo­gués dans l’UE depuis juillet 2022, avec une exten­sion pro­gres­sive à l’en­semble du parc auto­mo­bile et aux poids lourds d’i­ci 2026 – 2029. Personne n’é­chappe à cette inté­gra­tion inexo­rable. À cela s’a­joutent les radars de bruit, issus de la loi d’o­rien­ta­tion des mobi­li­tés (LOM), ven­dus pour pré­ser­ver la tran­quilli­té publique. Ces “oreilles élec­tro­niques” détectent tout dépas­se­ment de 83 déci­bels – une accé­lé­ra­tion trop vive, un pot d’é­chap­pe­ment modi­fié – et appliquent une amende auto­ma­tique, sans inter­ven­tion humaine. Puis viennent les camé­ras ANPR (Automatic Number Plate Recognition), ces yeux numé­riques qui lisent les plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion mètre par mètre, recons­ti­tuant vos tra­jets en temps réel. Biasotto sou­ligne avec effroi que la France, au niveau euro­péen, milite pour assou­plir les régu­la­tions sur l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle appli­quée à la sur­veillance publique, ouvrant la voie à des usages pré­dic­tifs, pour ne pas dire abu­sifs, de ces masses de don­nées col­lec­tées. 3. Surveillance per­son­nelle : iden­ti­té bio­mé­trique et por­te­feuille numé­rique euro­péen Enfin, le contrôle culmine avec la sur­veillance de l’in­di­vi­du lui-​​même, via l’i­den­ti­té bio­mé­trique. La carte d’i­den­ti­té fran­çaise, cou­plée à l’ap­pli­ca­tion gou­ver­ne­men­tale France Identité, est pro­mue pour sa sim­pli­ci­té, sa moder­ni­té et sa sécu­ri­té accrue. En réa­li­té, elle marque l’en­trée dans l’en­gre­nage de l’i­den­ti­té numé­rique : vous y dépo­sez votre pho­to, vos empreintes digi­tales, votre per­mis de conduire et votre carte grise, le tout cen­tra­li­sé sur une puce contrô­lée par l’État. Depuis 2012, des voix s’é­lèvent pour la qua­li­fier de “bombe à retar­de­ment” pour nos liber­tés. Le vrai péril n’est pas tant la carte iso­lée que sa conver­gence vers un éco­sys­tème euro­péen plus vaste : l’EES (Entry/​​Exit System), l’EID (European Identity), et sur­tout le “wal­let numé­rique” ou por­te­feuille numé­rique, enca­dré par le règle­ment EIDAS 2.0. Imposé par Bruxelles depuis

Jean Monnet, architecte de la vassalisation atlantiste

Éric Branca, his­to­rien spé­cia­liste des rela­tions franco-​​américaines, livre une ana­lyse cri­tique et sou­ve­rai­niste de la construc­tion euro­péenne, cen­trée sur Jean Monnet. Branca argue que l’UE n’est pas un pro­jet d’é­man­ci­pa­tion euro­péenne, mais une entre­prise amé­ri­caine pour ancrer le conti­nent dans une dépen­dance éco­no­mique, mili­taire et poli­tique.    1. Introduction : L’Europe actuelle, fidèle à sa “source atlan­tique” Contexte contem­po­rain : Branca ouvre sur la dépen­dance accrue de l’UE vis-​​à-​​vis des États-​​Unis post-​​élection de Trump (2024). Il cite trois “images fortes” : 27 juillet 2025 : Accord com­mer­cial UE-​​USA en Écosse (Ursula von der Leyen et Trump), qua­li­fié de “capi­tu­la­tion” : ouver­ture des fron­tières aux pro­duits US et enga­ge­ment à expor­ter des capi­taux euro­péens vers l’Amérique. 18 août 2025 : Chefs d’État euro­péens ali­gnés à la Maison Blanche, contraints d’a­che­ter des armes US pour aider l’Ukraine. 13 octobre 2025 : Sommet de Charm el-​​Cheikh (Égypte) sur la paix israélo-​​palestinienne, où Trump “dicte” aux lea­ders euro­péens comme un “maître d’école”. Thèse intro­duc­tive : Paraphrasant Jean Jaurès (“C’est en allant vers la mer que les fleuves res­tent fidèles à leurs sources”), Branca affirme que l’UE reste fidèle à sa “vraie source” amé­ri­caine, non euro­péenne. Trump, “dépour­vu de sur­moi”, dit “tout haut ce que ses pré­dé­ces­seurs pen­saient tout bas” : un “bon Européen est un Européen vas­sa­li­sé”. Von der Leyen incarne cette accul­tu­ra­tion, se féli­ci­tant d’in­ves­tir en Amérique pour “main­te­nir leur avance tech­no­lo­gique” (IA), au détri­ment de l’Europe. Problématique : Comment les Européens se sont-​​ils “accul­tu­rés à leur propre vas­sa­li­sa­tion” ? Réponse : en remon­tant 80 ans en arrière, à la fin de la Seconde Guerre mon­diale. 2. Contexte his­to­rique : De la SDN à l’ONU, l’in­té­rêt amé­ri­cain pour une Europe inté­grée Différence entre 1918 et 1945 : Après 1914, les États euro­péens sont “debout” (sauf Autriche-​​Hongrie) ; l’aide US est finan­cière (dettes de guerre), non mili­taire (mythe de “La Fayette nous voi­là”). Après 1945, l’Europe de l’Ouest est “par terre” sans les Américains ; les vain­cus (Allemagne, Italie) sont pas­sifs. L’Europe non com­mu­niste devient un “enjeu de sécu­ri­té” (vs. URSS) et com­mer­cial pour Washington. Rêve euro­péen récu­pé­ré par les USA : Avant 1945, l’i­dée d’ ”États-​​Unis d’Europe” (Victor Hugo) est paci­fiste et euro­péenne (SDN, 1919, sans US). Post-​​1945, les Américains la “prennent en main” via l’ONU (1945), pour mode­ler l’Europe à leurs inté­rêts. 3. Portrait de Jean Monnet : L’ ”homme en avance” et son pro­jet mon­dia­liste Biographie : Né en 1888 (2 ans avant de Gaulle) à Cognac, fils d’ex­por­ta­teur riche (alcools vers UK/​​USA). Élevé sans “conscience dra­ma­tique de la nation” (contrai­re­ment à de Gaulle, né à Lille en 1890). À 16 ans, à la City de Londres : “milieu fer­mé socia­le­ment mais ouvert sur le monde” (Shanghai, Tokyo, New York) – ébauche de la “super­classe mon­dia­li­sée”. Fortune pré­coce (18 ans) via échanges cognac-​​pelures (Canada-​​Révilion). Banquier à New York (Banque Lazard, 1908) ; réfor­mé en 1914, spé­cia­li­sé dans ventes d’ar­me­ment US à Alliés. Influence clé : Pris sous coupe de Paul Warburg (cofon­da­teur Fed, 1913), qui l’i­ni­tie à la poli­tique : “direc­toire mon­dial anglo-​​saxon” ins­pi­ré de Cecil Rhodes. Monnet consacre sa vie au “gou­ver­ne­ment mon­dial” ; l’Europe n’est qu’une “étape” (Mémoires, 1976 : “Les nations sou­ve­raines ne sont plus le cadre […] La com­mu­nau­té euro­péenne n’est qu’une étape vers les formes d’or­ga­ni­sa­tion du monde de demain”). Méthode : Progressive (“spillo­ver effect” : engre­nage irré­ver­sible) pour évi­ter oppo­si­tions. Manipulation : “S’il faut du temps pour arri­ver au pou­voir, il en faut peu pour expli­quer à ceux qui y sont com­ment sor­tir de leurs dif­fi­cul­tés […] Si c’est au prix de l’ef­fa­ce­ment, je choi­sis l’ombre” (Mémoires). Profite des crises pour impo­ser la “dis­pa­ri­tion des struc­tures éta­tiques” au pro­fit du fédé­ra­lisme. 4. Les années de guerre : Monnet, conseiller de Roosevelt et archi­tecte de l’intégration Rôle cen­tral : Dès 1939, via livre de Clarence Streit (proche, ins­pi­ré par Monnet) : Union Now (sous-​​titre : “Proposition amé­ri­caine pour une fédé­ra­tion des grandes démo­cra­ties”). Manuel concret : 1re étape, union des 15 démo­cra­ties atlan­tiques (proto-​​OTAN, 1949) ; trans­fert de 5 pré­ro­ga­tives (citoyen­ne­té, paix/​​guerre, com­merce, mon­naie, com­mu­ni­ca­tions). 1940 – 1943 : Conseiller de Roosevelt (affaires euro­péennes) ; patron du “sys­tème Prê-​​Lease” (Lend-​​Lease : prêts d’armes sans paie­ment immé­diat, créant dettes). Propose fusion franco-​​britannique (16 juin 1940, avec Streit et John Foster Dulles – futur secré­taire d’État, lié à CIA via frère Allen). Échec (armis­tice Pétain), mais méthode révé­lée : crise = oppor­tu­ni­té pour fédé­ra­lisme. Conflit nais­sant avec de Gaulle : 1re ren­contre (juin 1940, Londres) ; de Gaulle refuse dettes du Pre-​​Lease (rem­bourse via empire). Monnet voit de Gaulle comme “os” ; télé­gramme à Roosevelt (1943) : “L’entente est impos­sible avec lui […] Il est un enne­mi de la construc­tion euro­péenne […] Il doit être détruit”. Double jeu : sou­tient de Gaulle pour livrai­sons, mais com­plote (ex. : AMGOT, 1944). 5. Post-​​1945 : La matrice supra­na­tio­nale et l’in­fluence US Départ de de Gaulle (1946) : Plus d’obs­tacle ; libi­do domi­nan­di US et manœuvres de Monnet s’accélèrent. OTAN (1949) : Dispositif mili­taire + assem­blée par­le­men­taire (proto-​​État). CECA (1950−1951) : “Matrice” de l’UE. Déclaration Schuman (9 mai 1950) : paix franco-​​allemande via poo­ling charbon/​​acier, mais “1re étape de la fédé­ra­tion euro­péenne”. Institutions : Haute Autorité (gou­ver­ne­ment supra­na­tio­nal), Assemblée (proto-​​Parlement), Cour de jus­tice (droit UE > droits natio­naux – pri­mat tech­no­cra­tique sur démo­cra­tie). Intérêt US : Imposer volon­té à struc­ture non élue, mal­léable (vs. gou­ver­ne­ments démo­cra­tiques). Collaboration : Élaborée avec Département d’État ; Monnet (24 mai 1950) : “Grâce à la CECA, col­la­bo­ra­tion étroite avec les USA”. Financements occultes : 50 – 100 M$ (1950−1959) via Comité amé­ri­cain pour une Europe unie (pré­si­dé par William Donovan, ex-​​OSS/​​CIA ; suc­cé­dé par Allen Dulles). Contrôle anti-​détournement. Témoignages : Schuman : “C’est Jean Monnet qui, dans un petit hôtel de la rue de Martignac, a ébau­ché […] l’i­dée de la CECA” (même du gou­ver­ne­ment). Pascal Fontaine (secré­taire Monnet) : Opération secrète (9 confi­dents) ; diplo­mates écar­tés car défendent sou­ve­rai­ne­té. Étienne Hirsch : “La sidé­rur­gie n’a pas joué […] Notre pré­oc­cu­pa­tion : dis­pa­ri­tion des sou­ve­rai­ne­tés […] Institutions supra­na­tio­nales qui débor­de­raient l’acier/​charbon”. Échec CED (1954) : Armée euro­péenne sous com­man­de­ment US ; tor­pillé par union sacrée autour de de Gaulle (PCF à extrême droite, comme réfé­ren­dum 2005). 6. Le “duel du siècle” : Résistance gaul­liste et relance mon­net­tienne Traité de Rome (1957) : Monnet (1955, Comité d’ac­tion pour les États-​​Unis d’Europe) : Marché com­mun sans “bar­rières doua­nières […] Pour toutes ces matières, il n’y a plus de fron­tières ni de nations”. De Gaulle (1958) l’in­flé­chit en confé­dé­ral (una­ni­mi­té vs. majo­ri­té qua­li­fiée) ; Crise

L’État profond, sa vie, son œuvre selon Thierry Meyssan

Thierry Meyssan est déci­dé­ment l’a­na­lyste qui offre le plus large pers­pec­tive de la géo­po­li­tique ; et il est éga­le­ment celui qui décode le mieux l’ac­tion de Trump. Synthèse cha­pi­trée des thèmes de la vidéo : Chapitre 1 : Introduction et Contexte Personnel de Thierry Meyssan Chapitre 2 : La Lutte de Trump contre l’État Profond Américain Chapitre 3 : Le “Trident” des Alliances Impérialistes (Israël-​​Ukraine-​​USA) Chapitre 4 : Extension Globale : Le Quatrième Pôle (Japon) et Idéologies Racistes Chapitre 5 : Stratégies de Paix de Trump et Critique des Coalitions Bellicistes Chapitre 6 : Infiltrations dans les Institutions Internationales et Racines Historiques Chapitre 7 : Trump, Héritage et Retour au Droit International Temps limi­té : 3 ans (ou moins si mid­term per­du) pour immense tâche ; risque d’as­sas­si­nat (Meyssan pré­di­sait cela en 2016). Successeur JD Vance (natio­na­liste chré­tien, anti-​​Soros/​​straussiens) comme assu­rance. Défauts humains de Trump (osten­ta­tion finan­cière) éclip­sés par réa­li­sa­tions ; sou­tien néces­saire face à “car­pettes” élites. Décision CIJ (actua­li­té) : Israël doit appli­quer réso­lu­tions ONU et droit huma­ni­taire (aide à Gaza/​​Jordanie ; 100+ vio­la­tions en 80 ans). Retour for­cé au droit inter­na­tio­nal (créé par Russes/​​Français ; reven­di­qué par BRICS). France viole aus­si (ex. : Mayotte). Appel à véri­fier dis­cours vs. actes (ex. : MAE fran­çaise pié­tine droit international).

Tous complotistes ? Petit traité de résistance intellectuelle

Captivante confé­rence d’Idriss Aberkane aux assises de l’UPR édi­tion 2025. En voi­ci une syn­thèse argu­men­taire : Introduction :Développer sa culture géné­rale contre la mani­pu­la­tion des esprits C’est la mani­pu­la­tion des idées qui nous rend “esclaves” dans notre tête, en nous empê­chant de pen­ser libre­ment. Par exemple, ça mène à une perte de contrôle sur nos vies ou sur nos pays (comme dans l’Union euro­péenne). Charles de Gaulle disait en 1934 que la culture géné­rale est la meilleure façon d’ap­prendre à com­man­der sa vie. Le titre pro­vo­ca­teur, “Soyez fier d’être com­plo­tiste”, signi­fie qu’il faut être fier de dou­ter des ver­sions offi­cielles quand elles paraissent sus­pectes, car c’est sou­vent jus­ti­fié. Comment les mots changent de sens : De l’in­sulte à un sym­bole de fier­té Comment le mot “com­plo­tiste” (ou “théo­rie du com­plot” en anglais) a été trans­for­mé en insulte pour faire taire les gens ?? Au début, en 1910, un his­to­rien amé­ri­cain nom­mé James Ford Rhodes uti­li­sait “conspi­ra­cy theo­ry” de manière posi­tive pour décrire un vrai com­plot : des pro­prié­taires d’es­claves du Sud des États-​​Unis qui essayaient d’in­fluen­cer le gou­ver­ne­ment pour étendre l’es­cla­vage. C’était un fait his­to­rique prou­vé. Mais en 1963, après l’as­sas­si­nat du pré­sident Kennedy, une com­mis­sion offi­cielle (la Commission Warren) a don­né une expli­ca­tion qui ne convain­quait pas tout le monde. La CIA, une agence de ren­sei­gne­ment amé­ri­caine, a alors chan­gé le sens du mot dans un docu­ment secret (note 1035 – 96) : “théo­rie du com­plot” est deve­nu une moque­rie pour dis­cré­di­ter ceux qui dou­taient. Aujourd’hui, en 2025, des docu­ments ren­dus publics par Donald Trump prouvent que la Commission avait men­ti, donc ceux qui dou­taient avaient rai­son ! Pour mon­trer que ce n’est pas un cas unique, voi­ci d’autres exemples his­to­riques où des insultes deviennent posi­tives quand les gens les reven­diquent. Par exemple : – Chez les Romains, les rebelles de Spartacus étaient appe­lés “esclaves rebelles” (ser­vile rebelles) comme une insulte, mais ils s’en sont empa­rés avec fier­té. – “Rustique” vou­lait dire “pay­san gros­sier”, mais le poète Virgile l’a ren­du noble dans ses poèmes sur l’a­gri­cul­ture, com­man­dés par l’empereur Auguste. – “Gothique” était une moque­rie pour l’ar­chi­tec­ture des cathé­drales fran­çaises (inven­tée à Saint-​​Denis, ins­pi­rée des forêts), vue comme “bar­bare” par un his­to­rien ita­lien, mais les roman­tiques du XIXe siècle l’ont trans­for­mé en com­pli­ment. – D’autres mots comme “roman­tique” (vul­gaire au XVIIIe siècle), “impres­sion­niste” (moque­rie pour des peintres refu­sés dans un salon), “baroque” (qui vient de “ver­rue” pour dire irré­gu­lier), “queer” (insulte pour homo­sexuel, deve­nue fier­té), “cow­boy” (insulte pour pauvres cow-​​boys au XIXe), ou “big bang” (moque­rie d’un scien­ti­fique en 1949 contre une théo­rie d’un prêtre astro­nome) ont sui­vi le même che­min. Même des objets comme la cra­vate (à l’o­ri­gine un tis­su croate vul­gaire, popu­la­ri­sé par Louis XIV) ou la per­ruque (pour cacher la cal­vi­tie due à la syphi­lis, deve­nue sym­bole des juges anglais) montrent com­ment ce qui est moqué peut deve­nir res­pec­table. Le mes­sage : les puis­sants uti­lisent des mots pour rabais­ser, mais on peut les retour­ner contre eux. Aujourd’hui, les jeunes disent “je suis com­plo­tiste” sans honte, car c’est juste poser des ques­tions. La psy­cho­lo­gie der­rière l’es­cla­vage des idées Pourquoi les gens acceptent d’être “esclaves” dans leur tête ? Harriet Tubman, une abo­li­tion­niste amé­ri­caine qui aidait les esclaves à s’é­va­der via un réseau secret (Underground Railroad) por­tait tou­jours un pis­to­let pour for­cer ceux qui hési­taient à conti­nuer, car psy­cho­lo­gi­que­ment, beau­coup pré­fé­raient la sécu­ri­té connue de l’es­cla­vage plu­tôt que l’in­con­nu de la liber­té – c’est comme un pri­son­nier qui se sent bien dans sa cel­lule rou­ti­nière. Il existe une “impuis­sance apprise” : un psy­cho­logue nom­mé Martin Seligman a élec­tro­cu­té des chiens dans une cage ; au début, ils sau­taient pour évi­ter, mais quand toute la cage était élec­tri­fiée, ils se rési­gnaient. Même en ouvrant la cage, ils ne sor­taient plus, ils avaient inté­rio­ri­sé la cage ! C’est conta­gieux et uti­li­sé par des groupes comme la CIA ou les gué­rillas colom­biennes (FARC), qui font répé­ter “je suis seul” aux otages pour les bri­ser men­ta­le­ment. D’autres expé­riences montrent com­ment on pré­fère suivre le groupe plu­tôt que la véri­té : – En 1951, Solomon Asch a deman­dé à des gens de com­pa­rer des lon­gueurs de lignes ; avec des com­plices qui men­taient, 75 % des par­ti­ci­pants chan­geaient d’a­vis pour se confor­mer, même si c’é­tait évident. – En 1935, Muzafer Sherif a mon­tré que les opi­nions du groupe l’emportent sur nos propres sens. – En 1961, Stanley Milgram a fait croire à des gens qu’ils don­naient des chocs élec­triques mor­tels ; 65 % obéis­saient à une auto­ri­té en blouse blanche, même si ça allait contre leur morale. Dans les cultures où le groupe prime (col­lec­ti­vistes), c’est encore plus fort. Le “com­plot sophisme” (un terme inven­té par un phi­lo­sophe fran­çais, Alexis Haupt) consiste à trai­ter de “com­plo­tiste” qui­conque pose une ques­tion gênante, pour évi­ter de répondre. Ça crée du “gas­ligh­ting” : faire dou­ter de ses propres per­cep­tions, comme quand on a nié que la céré­mo­nie des JO 2024 paro­diait la Cène, mal­gré les aveux de l’actrice Barbara Butch. Des exemples concrets où les “com­plo­tistes” avaient rai­son Presque toutes les guerres des 150 der­nières années com­mencent par un men­songe, car les gens n’aiment pas la guerre – dire la véri­té pour­rait donc pro­mou­voir la paix. – Exemples anciens : Les nazis en 1939 ont tué des pri­son­niers et les ont habillés en sol­dats polo­nais (opé­ra­tion Conserve) pour jus­ti­fier l’in­va­sion de la Pologne ; dou­ter était dan­ge­reux. En 1964, les États-​​Unis ont inven­té un inci­dent naval (golfe du Tonkin) pour entrer en guerre au Vietnam (confir­mé plus tard). Pendant cette guerre, ils ont même modi­fié le cli­mat avec des pro­duits toxiques (opé­ra­tion Popeye), empoi­son­nant des civils. – CIA : Des docu­ments prouvent qu’ils ont tes­té du LSD sur un vil­lage fran­çais en 1951, ou contrô­lé des jour­na­listes (opé­ra­tion Mockingbird). – Irak 2003 : Le secré­taire d’État amé­ri­cain ment à l’ONU sur des armes inexis­tantes ; la presse fran­çaise l’ap­pe­lait “dés­in­for­ma­tion mas­sive” à l’époque. – Ukraine depuis 2022 : Le sabo­tage du gazo­duc NordStream n’é­tait pas russe (Biden l’a­vait mena­cé) ; des mythes comme un pilote fan­tôme (Ghost of Kyiv) ou une île héroïque (Snake Island) ont été inven­tés et démen­tis sans excuses. L’Occident a sou­te­nu des dji­ha­distes en Syrie. – COVID : Les auto­ri­tés disaient que les variants n’exis­taient pas, puis qu’ils étaient pro­té­gés par les vac­cins (non tes­tés sur la trans­mis­sion) ; l’i­ver­mec­tine

Histoire cachée de la Palestine

On nous a sou­vent dit qu’a­vant la créa­tion d’Israël, la Palestine était en gros un désert infer­tile. Au contraire, les don­nées his­to­riques confirment lar­ge­ment l’affirmation que la Palestine, hors le Néguev déser­tique, était une terre fer­tile, avec des régions comme la Galilée (incluant Nazareth) riches en blé, oli­ve­raies et ver­gers. Les rap­ports otto­mans, bri­tan­niques et les témoi­gnages de l’époque (comme celui de Pierre Loti) attestent d’une éco­no­mie agri­cole pros­père, sou­te­nue par des sys­tèmes d’irrigation et une popu­la­tion active. Le mythe du « désert infer­tile » est une construc­tion idéo­lo­gique visant à mini­mi­ser la pré­sence pales­ti­nienne et à jus­ti­fier la colo­ni­sa­tion sio­niste. Cependant, il est impor­tant de noter la varia­bi­li­té géo­gra­phique : cer­taines zones étaient moins pro­duc­tives sans irri­ga­tion moderne. Nazareth et ses envi­rons, comme Safouria, étaient des centres agri­coles dyna­miques. Voilà pour­quoi il est impor­tant de réta­blir les faits et c’est ce à quoi s’emploie l’his­to­rienne Marion Sigaut dans son livre sur Mansour Kadosh. Introduction : Contexte per­son­nel et recon­nais­sance – Prix Palestine et silence média­tique : Marion Sigaut com­mence par men­tion­ner qu’en 1998, elle a reçu le prix Palestine Mahmoud Hamchari pour son livre *Mansour Kardoch, un juste à Nazareth*, publié chez TheBookEdition. Elle sou­ligne le silence total de la presse fran­çaise sur cet évé­ne­ment, illus­trant une forme de cen­sure ou d’indifférence envers son tra­vail sur la Palestine (1:04 – 1:40). – Objectif de l’intervention : Elle sou­haite réta­blir une véri­té his­to­rique sur la Palestine, sou­vent défor­mée par la dés­in­for­ma­tion, en s’appuyant sur son expé­rience per­son­nelle et l’histoire de Mansour Kardoch, un Palestinien chré­tien de Nazareth (0:45 – 1:00). Chapitre 1 : Origines du sio­nisme et pro­messes colo­niales – L’affaire Dreyfus et le sio­nisme : Sigaut relie l’émergence du sio­nisme à l’affaire Dreyfus (1894−1895), qui a divi­sé la France et révé­lé un anti­sé­mi­tisme per­sis­tant. Theodor Herzl, en réponse, publie *L’État des Juifs* (1896) et orga­nise le pre­mier congrès sio­niste à Bâle en 1897, lan­çant l’idée d’un État juif en Palestine (2:00 – 3:24). – Promesses contra­dic­toires des puis­sances colo­niales : – 1915 – Promesse McMahon-​​Hussein : Les Britanniques pro­mettent un État arabe sou­ve­rain en échange du sou­tien des Arabes contre les Ottomans (3:45 – 4:23). – 1916 – Accords Sykes-​​Picot : La France et la Grande-​​Bretagne se par­tagent secrè­te­ment le Moyen-​​Orient, tra­his­sant la pro­messe faite aux Arabes (4:50 – 5:15). – 1917 – Déclaration Balfour : Les Britanniques pro­mettent au mou­ve­ment sio­niste un foyer natio­nal juif en Palestine, sur le même ter­ri­toire pro­mis aux Arabes, créant une contra­dic­tion majeure (5:33 – 6:08). Chapitre 2 : La Palestine his­to­rique et Nazareth – Description de Nazareth : Sigaut pré­sente Nazareth comme une ville pros­père et mul­ti­con­fes­sion­nelle, centre de la Galilée, avec une coexis­tence his­to­rique entre chré­tiens et musul­mans. Elle cite Pierre Loti (1894) pour décrire la fer­ti­li­té de la région, contre­di­sant l’image d’une terre aride (6:20 – 7:12). – La famille Kardoch : Mansour Kardoch, né en 1920, appar­tient à une famille chré­tienne de Nazareth qui exploite un mou­lin dans la rue du Puits de Marie. Cette famille illustre la vie pales­ti­nienne avant les bou­le­ver­se­ments (7:18 – 13:01). – Contexte intel­lec­tuel pales­ti­nien : La Palestine des années 1920 – 1930 est décrite comme un centre intel­lec­tuel avan­cé, avec un fort taux de sco­la­ri­sa­tion (27 % de la popu­la­tion) et une riva­li­té avec le Liban pour l’éducation (14:06 – 17:18). Chapitre 3 : L’expropriation des terres pales­ti­niennes – Mécanisme de l’expropriation : À la fin du XIXe siècle, l’Empire otto­man impose un cadastre, obli­geant les vil­lages pales­ti­niens à décla­rer des pro­prié­taires indi­vi­duels. En l’absence de pro­prié­taires nomi­na­tifs, des notables (effen­dis) s’enregistrent comme pro­prié­taires, pro­met­tant de pro­té­ger les vil­la­geois. Dans les années 1920 – 1930, ces terres sont ven­dues à des ache­teurs juifs à des prix exor­bi­tants, sou­vent avec l’exigence d’expulser les pay­sans (8:18 – 11:56). – Conséquences : Les pay­sans pales­ti­niens sont chas­sés de leurs terres, rem­pla­cés par des colons juifs qui cultivent eux-​​mêmes la terre, contrai­re­ment à une colo­ni­sa­tion clas­sique où les autoch­tones sont exploi­tés comme main‑d’œuvre. Ces expro­pria­tions mas­sives jettent des familles sur les routes, les trans­for­mant en pro­lé­ta­riat urbain (12:29 – 12:35). – Statistiques : En 1948, 93 % des terres pales­ti­niennes appar­tiennent encore aux Palestiniens ; seules 6 à 7 % ont été ache­tées léga­le­ment. Le reste est pris par la vio­lence et l’expropriation (40:13 – 40:43). Chapitre 4 : La révolte pales­ti­nienne et la Nakba – Révolte de 1936 : Face à l’arrivée mas­sive d’immigrants juifs, une grève géné­rale para­lyse la Palestine pen­dant six mois, pro­tes­tant contre l’inaction bri­tan­nique. La répres­sion anglaise est bru­tale, avec 3 000 morts et la des­truc­tion de la vieille ville de Jaffa (17:51 – 19:57). – Nakba de 1948 : Après le départ des Britanniques (15 mai 1948) et la pro­cla­ma­tion de l’État d’Israël, les armées arabes, mal équi­pées, échouent à contrer l’offensive israé­lienne. Des mas­sacres, comme celui de Deir Yassin (9−10 avril 1948), sont uti­li­sés comme arme psy­cho­lo­gique pour pro­vo­quer un exode mas­sif des Palestiniens (27:52 – 29:49). – Safouria : Le vil­lage pros­père de Safouria, près de Nazareth, est rasé en juillet 1948 après un bom­bar­de­ment. Ses 7 000 habi­tants fuient, et le site est trans­for­mé en moshav israé­lien (Tzipori), deve­nu un site tou­ris­tique (30:37 – 32:34). Chapitre 5 : La vie sous occu­pa­tion mili­taire – Nazareth en 1948 : Après l’occupation israé­lienne, Nazareth devient un refuge pour des mil­liers de dépla­cés. La ville passe sous un régime mili­taire strict, avec couvre-​​feu et res­tric­tions de mou­ve­ment. Mansour Kardoch est contraint de fer­mer son mou­lin en rai­son de nou­velles normes impo­sées, le rédui­sant à vendre des glaces et de la limo­nade pour sur­vivre (33:14 – 37:36). – Discrimination sys­té­mique : Les Arabes israé­liens (250 000 en 1948) sont sou­mis à une dic­ta­ture mili­taire, avec des lois com­pa­rées par un juriste israé­lien à celles de l’Allemagne nazie. Les terres sont confis­quées pour des rai­sons « d’urgence » ou parce qu’elles sont consi­dé­rées comme sans pro­prié­taire, même si les pro­prié­taires ont été chas­sés (35:32 – 38:54). – Biens waqf : Les biens musul­mans des­ti­nés à l’aumône (waqf) sont sai­sis, pri­vant les com­mu­nau­tés de res­sources essen­tielles (39:06 – 40:02). Chapitre 6 : Résistance des Arabes israé­liens – Mouvement Al-​​Ard : Mansour Kardoch et d’autres Arabes israé­liens créent *Al-​​Ard* (« La Terre »), une publi­ca­tion clan­des­tine pour main­te­nir un lien avec le monde arabe et dénon­cer les injus­tices. Soutenus par des Juifs pro­gres­sistes, ils appellent au boy­cott des élec­tions israé­liennes, jugées non démo­cra­tiques (47:03 – 49:59). – Mémorandum à l’ONU (1964) : Incapables d’obtenir une auto­ri­sa­tion pour publier léga­le­ment, ils envoient un mémo­ran­dum de 13 pages à l’ONU, récla­mant l’égalité des droits, la fin des dis­cri­mi­na­tions et l’application du plan de par­tage de 1947. Ce docu­ment, igno­ré par

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